Je suis Julia Dubois, rédactrice spécialisée en naturopathie et bien-être naturel, installée en périphérie de Tours. J’ai testé la marche afghane dans la Forêt de Chinon, côté Saint-Benoît-la-Forêt. L’odeur d’humus m’a saisie dès le départ, près de l’accès forestier, et j’ai lancé ma marche sur une terre encore humide.
Comment j’ai organisé mes séances dans cette forêt
J’ai fait 6 sorties, toujours 30 minutes, sur 3 semaines. À chaque séance, je relevais mon souffle à 0, 10, 20 et 30 minutes avec le chrono de mon téléphone. J’ai porté mes chaussures de trail et une tenue légère. Mon certificat en gestion du stress au CNAM m’a aidée à observer le relâchement, pas à chercher une performance.
Depuis 2010, je signe environ 50 articles par an. J’ai donc abordé ce test comme une vraie note de terrain. Je voulais mesurer trois choses simples: la stabilité du rythme, la respiration nasale et l’effet du décor sur mon mental. J’ai aussi noté les pauses, parce qu’elles changeaient la lecture de la séance.
Je suis partie tôt le matin, quand le sous-bois gardait encore sa fraîcheur. Sur un passage, les feuilles de châtaignier collaient à mes semelles. Plus loin, une racine noire barrait le chemin et m’obligeait à lever davantage les pieds. Ce sont des détails banals, mais ils ont compté dans ma façon de marcher.
Ce que j’ai ressenti au fil des jours
Dès les premières boucles, l’odeur de terre humide m’a calmée plus vite que prévu. J’entendais mes pas sur le sol souple, et ce bruit régulier m’aidait à garder un tempo posé. Quand je quittais un passage couvert, je respirais mieux et je sentais mes épaules descendre. Je ne peux pas dire si l’effet venait surtout de l’humidité ou du calme du sous-bois.
Les petites montées ont cassé mon rythme plusieurs fois. Une fois, j’ai pris un point de côté sur une pente courte. Une autre fois, je suis partie trop vite et mon souffle est devenu haché avant la 10e minute. J’ai alors stoppé net. Je ne voulais pas transformer l’exercice en bras de fer.
J’ai aussi eu un moment de flottement quand j’ai voulu caler chaque souffle sur chaque pas. Ma mâchoire s’est serrée, puis mes épaules sont remontées. J’ai relâché le comptage, et la marche a retrouvé quelque chose simple. Ce basculement a été net, presque immédiat.
Le 3e jour, une buée légère a blanchi mes lunettes quand j’ai quitté le couvert des chênes. Le 5e jour, j’ai dû contourner une flaque longue et sombre au pied d’un talus. Ce sont des scènes modestes, mais elles m’ont aidée à comprendre pourquoi je me sentais plus attentive sur ce terrain qu’en ville.
Les chiffres qui montrent ce qui a changé
Je tenais 30 minutes sans difficulté majeure les jours calmes, surtout quand je gardais la respiration par le nez. Sur les tronçons réguliers, je pouvais rester 15 minutes sans ouvrir la bouche. Les jours plus froids, l’air me semblait plus sec dans les narines, et je sentais le souffle devenir plus audible. À ce moment-là, la marche devenait moins fluide.
Au bout de 2 semaines, j’ai remonté la même côte sans m’arrêter. Au début, je la passais en deux temps. J’ai aussi noté moins d’essoufflement et moins de tiraillement dans les mollets. Ce progrès m’a paru plus lié à la régularité qu’à la volonté de bien faire.
J’ai gardé en tête les repères de la Fédération Française de Naturopathie, qui restent cohérents avec ce que j’observe: une pratique simple, sans forcer. J’ai aussi gardé le réflexe d’ameli.fr. Si une gêne respiratoire change de nature ou dure, je ne la banalise pas. J’ai préféré ce cadre prudent à toute promesse trop large.
Sur le plan mental, chaque séance m’a laissée plus légère. Le comptage des pas et le bruit des feuilles ont réduit ma rumination. En rentrant à la maison, j’étais moins tendue dans les épaules. Mes 2 adolescents me l’ont fait remarquer un soir, sans que je leur demande quoi que ce soit.
Mon verdict après ces 6 sorties
Dans la Forêt de Chinon, j’ai trouvé un terrain qui aide vraiment la marche afghane. L’ombre, le sol souple et l’air humide m’ont aidée à garder une respiration plus calme. J’ai tenu cette pratique sans coût particulier, avec une paire de chaussures déjà utilisée et mon téléphone. Je n’ai pas cherché une prouesse, et c’est sans doute ce qui m’a permis d’y revenir 3 semaines de suite.
J’ai aussi vu les limites très vite. Les terrains accidentés me demandaient plus d’attention, et je perdais le fil du comptage dès que je regardais trop mes pieds. Quand mon nez était pris par le froid, j’ouvrais la bouche et la cadence se dérèglait. Le comptage me fatiguait mentalement plus que je ne l’avais prévu, surtout quand je voulais être trop rigoureuse.
Je le conseillerais à quelqu’un qui accepte de ralentir, qui aime marcher en nature et qui supporte une part de répétition. Je ne le conseillerais pas à quelqu’un qui cherche un effort soutenu, ni à quelqu’un gêné par des douleurs respiratoires répétées. Au retour vers la Forteresse royale de Chinon, j’ai surtout retenu une chose: ce test est utile pour sentir son souffle, pas pour le pousser. Et je ne le généralise pas au-delà de cette expérience.
- je l’essaierais sur un sentier plat en ville pour voir si le comptage me pèse moins
- je le testerais au bord d’une rivière, parce que l’air et le bruit changent mon attention
- je garderais une séance plus courte, autour de 15 minutes, si mes mollets tiraient
- je l’éviterais sur un terrain trop cassant quand je sens que ma respiration se désorganise
Au bout de cette série à Chinon, mon verdict reste clair: 30 minutes par jour m’ont paru tenables, et la même côte est passée avec moins d’essoufflement après 2 semaines. J’ai vu mon souffle se poser, ma mâchoire se relâcher et ma tête se vider un peu. Dans la Forêt de Chinon, la marche afghane a changé ma manière de respirer, et cela me suffit pour la juger utile.
À Tours, dans mon petit espace près du Cher, j’ai appris à ralentir. La lumière du matin traverse les platanes du boulevard Heurteloup vers 7 heures 30, et c’est souvent à ce moment-là que je bois ma première infusion, une camomille romaine de chez un producteur d’Amboise. Mes deux ados dorment encore, la maison est silencieuse, je pose mes mains sur la tasse et je respire trois fois lentement avant d’avaler la première gorgée.
La cohérence cardiaque, je la pratique depuis 2019 : 5 minutes, 6 respirations par minute, trois fois par jour. Les premières semaines j’avais du mal à tenir 3 minutes, je me demandais si ça servait vraiment. Puis j’ai remarqué, après 21 jours précisément, que mes réveils nocturnes étaient passés de 3 à 1 par nuit en moyenne. C’est un chiffre que j’ai noté scrupuleusement dans un petit carnet Moleskine.
Les plantes adaptogènes, je les introduis toujours une par une, jamais en cocktail. L’ashwagandha pendant 8 semaines, puis pause d’un mois, puis éventuellement rhodiola. Cette rotation m’évite la saturation et me permet d’évaluer clairement ce qui agit sur mon stress et ce qui ne fait rien. J’ai appris cette méthode auprès de ma formatrice en naturopathie, en 2017.


