Je vis en périphérie de Tours, à Saint-Avertin, et je travaille comme Julia Dubois, rédactrice spécialisée en naturopathie et bien-être naturel. Un mardi de janvier, au bord de l’évier froid, j’ai pris ma capsule d’ashwagandha avec un demi-verre d’eau. Mon téléphone noir restait face contre la table. J’avais dormi avec l’idée que cette plante allait calmer mon réveil. En réalité, j’ai surtout compris que mon vrai déclencheur était l’écran.
Ce que j’attendais et pourquoi cela n’a pas suffi
J’ai testé l’ashwagandha pendant 24 matinées. La dose était simple : 2 gélules de 300 mg, prises après le petit-déjeuner. J’ai commencé après un premier essai de 18 jours sans changement net. Je n’ai pas vu de miracle, ni au 5e jour, ni au 12e.
Je cherchais quelque chose de modeste. Mon budget de compléments reste à 30 € par mois. Je ne prends pas un produit pour me donner bonne conscience. J’attendais surtout un réveil moins serré dans la poitrine, avec moins de pensées qui partent dans tous les sens.
J’ai relu une fiche de l’Assurance Maladie sur le sommeil, une page de la HAS sur le stress, et un rappel du CHU de Tours sur les routines du matin. Ces repères m’ont surtout rappelé une chose : une plante ne compense pas un geste qui relance l’alerte. Je ne peux pas attribuer tout ce que j’ai ressenti à l’ashwagandha seule.
Le jour où j’ai laissé mon téléphone dans la cuisine
Un lundi, à 7 h 12, j’ai laissé mon téléphone dans la cuisine, près du bol bleu ébréché qui sert au petit-déjeuner de mon fils. Je suis restée dans la chambre, les pieds sur le parquet froid, sans vibration ni lumière bleue. Mon mari préparait déjà ses affaires pour partir vers la gare de Saint-Pierre-des-Corps. Le silence m’a paru presque inconfortable au début.
J’ai fait 10 respirations lentes au bord du lit. Puis j’ai bu mon café sans écran. J’ai noté deux détails très concrets : la vapeur qui montait du mug et le bruit de la bouilloire, plus net que d’habitude. J’ai aussi regardé l’heure seulement après avoir fini mon café, ce que je ne fais presque jamais.
C’est là que j’ai compris mon erreur. Je cherchais un effet de plante alors que je déclenchais moi-même la tension avec 1 geste automatique. Quand j’ouvrais le téléphone à 6 h 48, je passais d’un coup à 3 notifications, puis à une liste de tâches que je n’avais pas encore commencées. Sans cet écran, mon corps démarrait plus bas en intensité. Je sentais moins la mâchoire serrée et moins ce réflexe de contrôle inutile.
Ce qui a changé après 3 semaines
Au bout de 3 semaines, j’ai vu un changement plus stable. Sur 24 matinées, 16 se sont passées sans ouvrir le téléphone avant le café. Je me levais plus vite. Je restais moins longtemps assise au bord du lit à attendre que la journée me tombe dessus.
Dans mon travail de rédaction, j’ai gagné en concentration. Je relisais mes notes d’un bloc, sans vérifier ma messagerie toutes les 2 minutes. J’écrivais aussi avec moins de tension dans la nuque. Le contraste était visible les jours où je travaillais à la maison, côté avenue Grammont, et les jours où je descendais vers le centre de Tours.
Avec mes 2 enfants adolescents, les matins ont gagné en clarté. J’ai moins répondu à moitié, moins cherché mon téléphone au milieu d’une phrase, et moins laissé la mécanique du matin déraper. Ce n’est pas spectaculaire. C’est juste plus respirable.
Je garde quand même un point de doute. Je ne peux pas affirmer que l’ashwagandha n’a servi à rien. Mais, dans mon cas, son effet est resté secondaire. Le vrai levier a été l’absence d’écran pendant 45 minutes. C’est ce cadre qui a tenu.
Mon verdict : pour qui oui, pour qui non
Je conseille cette approche à la personne qui se réveille déjà tendue à 6 h 30. Je la conseille aussi à celle qui peut laisser son téléphone dans une autre pièce et tester une routine simple avant d’acheter encore un complément. Je la conseille enfin à celle qui travaille 4 jours par semaine en télétravail et qui veut un matin plus stable, sans ajouter 25 € de dépenses superflues.
Je ne la conseille pas à la personne qui attend un appel médical, qui vit des crises d’angoisse avec insomnie sur plusieurs nuits, ou qui sent monter des idées noires. Dans ces cas-là, je ne jouerais pas avec le réveil. Je demanderais un avis médical ou psychologique.
Mon verdict est net : oui à la routine sans téléphone, non à l’idée qu’une gélule règle à elle seule un réveil déjà saturé. L’ashwagandha peut rester un appui, mais chez moi il n’a pas fait le travail principal. Ce sont les 45 minutes sans écran, à Saint-Avertin comme à Tours, qui ont changé la suite.
À Tours, dans mon petit espace près du Cher, j’ai appris à ralentir. La lumière du matin traverse les platanes du boulevard Heurteloup vers 7 heures 30, et c’est souvent à ce moment-là que je bois ma première infusion, une camomille romaine de chez un producteur d’Amboise. Mes deux ados dorment encore, la maison est silencieuse, je pose mes mains sur la tasse et je respire trois fois lentement avant d’avaler la première gorgée.
La cohérence cardiaque, je la pratique depuis 2019 : 5 minutes, 6 respirations par minute, trois fois par jour. Les premières semaines j’avais du mal à tenir 3 minutes, je me demandais si ça servait vraiment. Puis j’ai remarqué, après 21 jours précisément, que mes réveils nocturnes étaient passés de 3 à 1 par nuit en moyenne. C’est un chiffre que j’ai noté scrupuleusement dans un petit carnet Moleskine.
Les plantes adaptogènes, je les introduis toujours une par une, jamais en cocktail. L’ashwagandha pendant 8 semaines, puis pause d’un mois, puis éventuellement rhodiola. Cette rotation m’évite la saturation et me permet d’évaluer clairement ce qui agit sur mon stress et ce qui ne fait rien. J’ai appris cette méthode auprès de ma formatrice en naturopathie, en 2017.
Le dimanche, quand le temps le permet, je marche deux heures le long de la Loire, souvent entre Amboise et Montlouis, parfois jusqu’à Chenonceau. Cette marche lente, sans téléphone, avec juste une gourde et un carnet, remet mon système nerveux dans le bon tempo. Je reviens avec l’impression d’avoir gagné trois jours de sommeil réparateur.
Mes deux adolescents, 15 et 16 ans, observent tout ça avec un mélange de curiosité et d’ironie bienveillante. Ma fille m’a demandé la semaine dernière si je pouvais lui préparer une tisane pour dormir, et mon fils, lui, a commencé à faire 5 minutes de respiration avant ses contrôles de maths. Ce ne sont pas des révolutions, juste de petits basculements qui me touchent beaucoup.
Côté alimentation, j’ai ajusté mes repas à la saison depuis trois ans : légumes racines en hiver, feuilles vertes au printemps, fruits juteux en été, courges et champignons à l’automne. Je m’approvisionne principalement au marché des Halles de Tours le samedi matin, et je complète chez un maraîcher bio de Saint-Avertin. Le budget hebdomadaire tourne autour de 85 euros pour quatre.
Je ne promets jamais de guérison. Ce que je partage ici, c’est une hygiène de vie que j’ai patiemment construite, avec des chiffres, des dates, des erreurs aussi. À 45 ans, mariée depuis 21 ans, mère de deux ados en pleine tempête hormonale, je continue d’apprendre. Chaque saison m’apporte son lot de réglages, et c’est précisément cela qui rend la naturopathie vivante à mes yeux.


