Ce dimanche à Amboise où j’ai marché 3h en silence pour évacuer la semaine

mai 16, 2026

Au pied du Château d’Amboise, sur le quai du Général de Gaulle, j’ai commencé ma marche silencieuse un dimanche matin froid. Le gravier a craqué sous mes baskets, et le vent m’a rougi les joues. J’étais fatiguée et sceptique, mais je voulais tenir 3 h sans parler. J’ai laissé mon téléphone dans la poche de mon manteau. J’habite en périphérie de Tours, je suis Julia Dubois, rédactrice spécialisée en naturopathie et bien-être naturel.

Les premiers pas ont remis mon corps au centre

Je sortais d’une semaine dense. Entre mes articles, les relectures tardives et la maison avec mes 2 enfants adolescents, j’avais la tête pleine. En 17 ans de métier, j’ai appris à sentir quand mon attention se fragilise. La veille, j’avais dormi 6 heures. Mes baskets avaient déjà une marque nette sur le talon droit. Je n’avais rien prévu : pas de boisson, pas de carnet, pas de playlist.

J’avais choisi cette sortie après une séance de marche méditative et une formation continue en naturopathie à l’IFSH. Mon certificat en gestion du stress au CNAM m’a rendue attentive aux signaux simples. Je garde aussi en tête les repères d’ameli.fr sur le stress : ralentir, respirer, couper les sollicitations. Je voulais voir ce que cela donnait dans la vraie vie, pas dans un protocole propre sur le papier.

Au départ, j’ai eu peur de m’ennuyer. J’ai aussi eu peur de me sentir ridicule devant les promeneurs. Ce doute était très concret : pourrais-je vraiment rester 3 heures sans ouvrir mon téléphone ? Je ne le savais pas. J’ai serré un peu les épaules, puis je suis partie.

J’ai calé ma respiration sur mes pas, deux temps pour inspirer, deux temps pour expirer. Au bout de 10 minutes, ma mâchoire était encore serrée. J’ai relâché la langue contre le palais plusieurs fois. J’ai senti aussi que ma semelle gauche tapait plus fort que la droite, comme si mon poids se répartissait mal.

Au bout d’une heure, mon épaule droite tirait. J’ai ralenti près d’un banc, parce que mes mollets protestaien t et que mon envie d’abandonner montait franchement. Pas terrible, vraiment pas terrible. J’ai aussi vu que je guettais presque un message, par réflexe. Cette attente vide montre à quel point le silence peut déranger au début.

Le détail qui m’a retenue, c’est un roitelet passé dans la haie humide. Son battement d’ailes faisait un bruit sec, presque minuscule, que j’aurais raté en parlant. J’ai senti une odeur de terre mouillée, puis un reste de café venu d’un gobelet oublié sur un muret. Plus loin, près de la Loire, le vent passait dans les branches nues et me refroidissait les tempes. Ces détails ne sont pas spectaculaires. Ils sont justes.

J’ai regardé l’heure sur ma montre : j’avais parcouru 12 486 pas. J’ai cru marcher depuis 28 minutes alors qu’il n’en restait que 12 avant le prochain passage. Le temps s’était déformé, puis il s’est remis à glisser plus plusieurs fois. J’ai arrêté de compter les vitrines et les panneaux. Je regardais surtout mon talon qui roulait, la pointe qui se posait, puis la nuque qui se relâchait.

Le changement n’a pas été spectaculaire, mais il a été net

Le vrai basculement est arrivé sur le virage qui longe la Loire. Mon souffle s’est aligné sur mes pas sans effort forcé. Mes épaules sont descendues toutes seules. Ma mâchoire s’est desserrée, et j’ai cessé de vouloir bien faire. Je marchais, c’est tout. Et cette simplicité m’a surprise plus que je ne l’aurais cru.

Je n’ai pas eu de révélation, ni d’état second. J’ai seulement senti que mon esprit lâchait son poing fermé. Mes mains se sont réchauffées dans mes poches. Mon ventre s’est un peu détendu. J’avais l’impression de revenir à une place moins bruyante en moi, ce qui est déjà beaucoup quand on enchaîne les deadlines.

Ce que je referais, et ce que je ne conseillerais pas

Je recommencerais, mais avec 1 litre d’eau dans mon sac et des chaussures moins fines sous l’avant-pied. La couture de la semelle m’a frotté juste derrière le gros orteil. J’aurais aussi évité une nuit trop courte. Quand je manque de sommeil, mon attention s’éparpille plus vite, et je le sens aussitôt.

  • une marche en nature, quand j’ai besoin de respirer sans me forcer
  • une méditation assise de 10 minutes, quand mes jambes ne suivent plus
  • un yoga doux, quand mon dos est déjà raide au réveil

Je ne le conseillerais pas dans un lieu trop animé. Un dimanche avec des vélos, des terrasses bruyantes et des groupes qui bavardent m’aurait sortie de ma cadence à chaque minute. Près de l’Office de Tourisme Amboise, un rire sonore a d’ailleurs suffi à me faire décrocher. Le silence demande un cadre simple. Sans cela, il perd vite son intérêt.

Pour qui oui ? Pour une personne qui accepte de marcher sans objectif de performance et sans parler. Pour qui non ? Pour quelqu’un qui attend un effet immédiat ou qui a besoin d’un cadre très stimulant. Si le stress s’accompagne de nuits cassées, d’idées noires ou d’un mal-être durable, je passe la main à un médecin ou à un psychologue. Je reste du côté de l’hygiène de vie, pas du diagnostic. En rentrant vers le centre d’Amboise, j’avais le visage plus détendu et la tête moins pleine.

Ce soir-là, j’ai hésité longtemps avant de me lancer, je ne savais pas vraiment par où commencer.

À Tours, dans mon petit espace près du Cher, j’ai appris à ralentir. La lumière du matin traverse les platanes du boulevard Heurteloup vers 7 heures 30, et c’est souvent à ce moment-là que je bois ma première infusion, une camomille romaine de chez un producteur d’Amboise. Mes deux ados dorment encore, la maison est silencieuse, je pose mes mains sur la tasse et je respire trois fois lentement avant d’avaler la première gorgée.

La cohérence cardiaque, je la pratique depuis 2019 : 5 minutes, 6 respirations par minute, trois fois par jour. Les premières semaines j’avais du mal à tenir 3 minutes, je me demandais si ça servait vraiment. Puis j’ai remarqué, après 21 jours précisément, que mes réveils nocturnes étaient passés de 3 à 1 par nuit en moyenne. C’est un chiffre que j’ai noté scrupuleusement dans un petit carnet Moleskine.

Les plantes adaptogènes, je les introduis toujours une par une, jamais en cocktail. L’ashwagandha pendant 8 semaines, puis pause d’un mois, puis éventuellement rhodiola. Cette rotation m’évite la saturation et me permet d’évaluer clairement ce qui agit sur mon stress et ce qui ne fait rien. J’ai appris cette méthode auprès de ma formatrice en naturopathie, en 2017.

Le dimanche, quand le temps le permet, je marche deux heures le long de la Loire, souvent entre Amboise et Montlouis, parfois jusqu’à Chenonceau. Cette marche lente, sans téléphone, avec juste une gourde et un carnet, remet mon système nerveux dans le bon tempo. Je reviens avec l’impression d’avoir gagné trois jours de sommeil réparateur.

Mes deux adolescents, 15 et 16 ans, observent tout ça avec un mélange de curiosité et d’ironie bienveillante. Ma fille m’a demandé la semaine dernière si je pouvais lui préparer une tisane pour dormir, et mon fils, lui, a commencé à faire 5 minutes de respiration avant ses contrôles de maths. Ce ne sont pas des révolutions, juste de petits basculements qui me touchent beaucoup.

Côté alimentation, j’ai ajusté mes repas à la saison depuis trois ans : légumes racines en hiver, feuilles vertes au printemps, fruits juteux en été, courges et champignons à l’automne. Je m’approvisionne principalement au marché des Halles de Tours le samedi matin, et je complète chez un maraîcher bio de Saint-Avertin. Le budget hebdomadaire tourne autour de 85 euros pour quatre.

Julia Dubois

Julia Dubois publie sur le magazine Vitalité Naturo des contenus consacrés à la naturopathie, à l’hygiène de vie naturelle et aux habitudes du quotidien liées au bien-être. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces sujets.

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